On parle aujourd'hui d'Henry Dunant comme d'un saint, mais cela n'a pas toujours été le cas. Gustave Moynier, l'autre édificateur de la Croix-Rouge, parlait de lui comme d'un faussaire et d'un escroc. Tombé dans l'oubli et la misère pendant près d'un demi-siècle, Henry Dunant connaît une réhabilitation tardive en recevant en 1901 le premier Prix Nobel de la Paix. Exaspérant et charmeur, passionné et cynique, mythomane et calculateur, l'auteur du «Souvenir de Solférino» est un personnage fascinant dont les contradictions et les questionnements restent d'une extraordinaire actualité.
Quand Henry Dunant rêve sa vie, les fantômes ressurgissent. Les échecs et les rejets qui ont jalonné son existence hantent son cauchemar. Seul moment de gloire: Solférino. La célébrité de Dunant a trouvé son ancrage sur le charnier de cette bataille. A jamais recouvert du sang des victimes qu'il a secourues, Henry Dunant portera sa blessure jusqu'aux confins du monde des hommes.Le manque de reconnaissance dont a souffert le fondateur de la Croix-Rouge l'oblige à revisiter indéfiniment son passé.